passion triangles

la classe verte

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La classe verte réunit plasticiens, sérigraphes, photographes, vidéastes, illustrateurs, musiciens qui travaillent ensemble sur une anecdote, un fait divers fantastique, et depuis cette base commune, dévelope et matérialise un imaginaire cohérent.

(un corpus de liens cybernétiques est disponible en fin de page.)


Il paraît qu’on les coud sur les arbres fut la première création réalisée par le collectif, à l’automne 2010, à l’occasion de Chantier d’artistes, au Lieu Unique, à Nantes. Ce mois de résidence et le processus de travail choisi pour cette réalisation collective nous a donné la forte envie de recommencer.


Nous présentons ci-après une description de cette expérience et de notre méthodologie de travail. Méthodologie que nous considérons souple, déclinable et adaptative. Enfin, bien que mégalomaniaques et friands de grands espaces et de longues durées, nous sommes aussi enclins à tester notre esprit d’équipe sur d’autres formats.

zombie

Il paraît qu’on les coud sur les arbres.

"Il paraît qu’on les coud sur les arbres" n’est ni un film, ni un livre, ni une exposition, ni un concert mais pioche dans tous ces supports.


Un fait divers, un décor actif, une réalité inventée, une forêt où se glissent des projections lumineuses et des animaux figés en pleine course. Un endroit dans lequel on pourra déambuler pour découvrir des anecdotes, des strates de narration. Excursion découverte « souvenirs et fantômes des sous bois ». Botanique rituelle, chirurgie et sciences occultes. L'ordre de l'écosystème est bousculé. Un nouvel ordre est à vue, se révèle par détails dans la pénombre ambiante.




La personne dont nous parlons est obsédée par l’idée de redonner vie à des choses mortes.



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Peur, angoisse, caverne cataclysmique

"On perçoit dans l’arithmétique de la prophétie les aspirations d’un esprit systématisant, auquel il manque les bases scientifiques expérimentales qui permettront à ce genre de tendances hu­maines de s’exprimer pleinement plusieurs siècles plus tard. L’astrologie donne la même impression d’obsession numérique opérant dans un vide absurde." "Notre culture laïque et scientifique n’a pas remplacé ni même mis en péril ces systèmes de pensée surnaturels et incompatibles entre eux. La méthode scientifique, le scepticisme, ou la rationalité en général n’ont pas encore trouvé de discours global suffisamment puissant, simple et attrayant pour concurrencer les vieilles histoires qui donnent du sens à l’existence."
Ian Mc Ewan, "Pourquoi la fin du monde nous fascine tant?" Courrier International n°998-999

"il paraît qu’on les coud sur les arbres" manie des esthétiques évoquant le rituel, le symbole, le sacré, le cérémoniel, l’ésotérisme, la croyance, l’animisme, la secte, etc. c’est spontanément que nous avons placé notre histoire dans ce champ-là, appropriation profane et bricolée de codes touchant au sacré. c’est rétroactivement que nous nous sommes rendu compte de notre fascination séculière pour la puissance évocatrice de ces formes, et que cette histoire nous donnait un prétexte pour s’emparer des représentations spirituelles.


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"les éléments d’archives en présence ne montre pas la provenance des cadavres."

Nous mettons en scène une rumeur, en créant de toutes pièces les éléments éparses constituant peu à peu un corpus documentaire relativement controlé autour d’une personne dont l’activité évoque à la fois les sciences et la métaphysique appliquée. Se faisant, nous proposons, au public et à nous même, des questions en suspend, des interstices à compléter, une enquête à résoudre.

Malgré ces manques, ces ellipses, nous pouvons ressortir de cette forêt avec un avis moral, une intuition du caractère éthique de ce qui s’est joué dans cette forêt. en tant que concepteurs de cette histoire, nous décidons de laisser des zones d’ombre, de ne pas connaître nous-même les réponses à certaines questions sur la vie et la pratique de cette personne fictive à laquelle nous nous intéressons.

Au travers de la figure ‘taxidermiste’, nous nous confrontons à la question schizophrénique du rapport de l’humain et de la nature.

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Espace, traitement, mise en scène

Chacun des artistes s'empare de l'univers proposé et le matérialise, avec comme perspective de créer un élément – qu'il soit action / performance / objet sonore ou visuel - qui s'intègre au décor, qui participe aux hypothèses narratives. Pour transformer le lieu investi en un endroit à la fois chargé de souvenirs, d’histoires et propice à la projection de soi, nous empruntons aux images d'archive comme au mapping 3D, au fieldrecording comme à la composition noise, aux volumes arrêtés comme aux manipulations de surfaces en direct.

Ce qui nous intéresse, c'est d'arriver à matérialiser un imaginaire de façon immersive et de permettre au public d'adopter une posture active face à l’histoire proposée, de se promener à l’intérieur, de se laisser surprendre par elle mais aussi aller la débusquer.

L'enjeu est d'arriver à plonger les gens dans cet univers, de les faire participer à quelque chose qui, comme on le disait, n'est ni un film, ni un concert, ni une exposition plastique. La forme envisagée consiste en une déambulation du public au travers de la forêt, dont le rythme est donné en jouant avec les thèmes musicaux, les jeux de lumières, les apparitions et disparitions d'images, les projections et la disposition des musicien-ne-s. Le spectateur, laissé sans guide identifié, est néanmoins libre du placement de son point de vue dans l'espace, d'aller et venir entre minutie et vue d'ensemble.

Pour nous, il s’agit d’établir ensemble un parcours narratif au travers de l’endroit. Il nous faut doser l'intensité des interventions de chacun, les donner à voir et à entendre dans cet espace organique qui s'organise au fur et à mesure du temps de présence. Le spectateur est libre de sa posture. Il peut s'investir dans une quête de sens, chercher à assembler les indices, recoller les morceaux pour comprendre les règles qui régissent cet espace hybride, ce qui préside à sa naissance, à son devenir. Il peut tout aussi bien préférer la contemplation, l'écoute pour découvrir le travail en présence.

NB: notre positionnement au sein du décor. un parti pris de mise en scène sans metteur en scène pour des êtres en vie évoluant dans un spectacle non vivant.

Nous ne sommes ni comédiens, ni danseurs. Pourtant nos corps sont présents. Dans la version actuelle nous sommes à la manoeuvre, visibles et disparus, actifs et en attente, anonymes. Nous reconstituons les faits, les gestes, les sons. Nous exécutons une partition détaillée, un rituel de transe lumineuse et d'ombres projetées qui donne vie au décor, qui anime ce qui semble figé.


contact: murmeltier@poivron.org

les liens de la classe verte

photographies, vidéo, argentique, numérique, futuroscope:

yam / angelopoulos / jeanne andré fenster


sérigraphie, architecture, btp, organisation de gala:

force béton / benjamin boré / raum


autoradio:

boy & the echo choir / room two-o-four / papaye
antoine bellanger / kythibong


dessin, taxidermie, profanation

jdanoff